Qu’est-ce que le stress ?

Qu'est-ce que le stress ?

Dès les années 1980, les études cliniques suggéraient déjà que 50% à 75% de toutes les consultations chez le médecin étaient motivées par le stress.(1)

En terme de mortalité, le stress est un facteur de risque plus grave que le tabac.(2)

Au début des années 2000, une étude menée par Medicam indiquent que parmi les médicaments les plus utilisés dans les pays occidentaux, une majorité vise en réalité à traiter des problèmes directement liés au stress : les antidépresseurs, les anxiolytiques, les somnifères, les antiacides pour les brûlures et ulcères d’estomac, des antihypertenseurs et des anticholestérol.(3)

Enfin, selon l’observatoire national du médicament, les français sont depuis plusieurs années parmi les plus grands consommateurs au monde d’antidépresseurs et de tranquillisants. Ce constat n’a fait que se confirmer après l’épidémie de la COVID-19.

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress se définit comme toute tentative d’adaptation de notre organisme face à une exigence de notre environnement perçue tantôt comme une menace, tantôt comme un défi.

Le stress concerne tous les êtres vivants, y compris les végétaux. Chez nos ancêtres, il était la principale arme de survie face aux prédateurs et aux dangers quotidiens.

Finalement, le stress ne sert qu’à une chose : s’adapter. Quand nous sommes face à une situation de stress, la vie nous incite à nous adapter, pour évoluer. Soit on s’adapte, soit on tombe malade.

Les agents responsables de ce type de réaction sont appelés les stresseurs.

Découverte du stress : Hans SELYE

Hans SELYE et la découverte du stress

La notion de stress a été introduite par le Dr et l’endocrinologue Canadien Hans SELYE dans les années 1920. Ce chercheur pionnier définit une première fois le stress comme une réponse biologique et physique de tout organisme pour s’adapter à son environnement.

Puis dans un deuxième temps, en 1972, il complètera cette définition en intégrant les aspects émotionnels, psychologiques, contextuels (moment ou lieu) et l’évolution dans le temps.

Ainsi, la définition du stress devient : l’ensemble des réactions physiologiques, psychologiques et émotionnelles d’un individu face à un agent stresseur pour s’adapter.

En incluant l’état émotionnel de l’individu stressé, le Dr Hans SELYE introduit ainsi 2 types de stress : le stress positif ou le bon stress (eustress) et le stress négatif ou le mauvais stress (détresse).

Est-ce que le stress est mauvais pour notre organisme ?

Non. Le stress n’est pas mauvais, il est même indispensable.

Afin de prendre en compte l’interdépendance entre la biologie et la psychologie, Hans SELYE identifie le rôle des émotions qu’il définit comme un coefficient modificateur du stress.

Il en déduit ainsi que la nature de l’émotion vécue par la personne stressée détermine la nature du stress. Autrement dit, les émotions positives (gratitude, sérénité, amour) font du stress un acte positif (eustress) et inversement pour les émotions négatives (jalousie, tristesse, colère, peur) qui font du stress un acte négatif (détresse).

C’est pourquoi, les notions de “bon stress” et de « mauvais stress” sont trompeuses car le stress est intrinsèquement neutre. 

La réaction au stress dépend ainsi de celui qui le vit, de son état émotionnel et de la nature du stresseur. Un même événement ne produit pas les mêmes effets chez différentes personnes :

  • Si le changement est perçue comme une possibilité de défi ou/et de challenge, le stress généré sera plus facilement gérable et optimisera la performance et l’efficacité
  • Si le changement est perçu comme une menace, la gestion de stress sera plus difficile et les conséquence néfastes

Quelques exemples d’émotions ou attitudes qui peuvent amener à du stress positif :

  • La tranquillité d’esprit
  • L’optimisme
  • La joie
  • La bienveillance
  • La confiance en soi
  • La vivacité
  • Le plaisir de partager
  • L’amour
  • La confiance aux autres et en l’avenir
  • Le fait de pardonner le passé et d’aller de l’avant
  • S’accorder le pardon à soi-même
  • Le relâchement des muscles
  • L’esprit de défi et de challenge
  • L’esprit d’un éternel apprenti : apprendre de toutes les situations
  • Partir du principe que chaque situation est une opportunité pour grandir
  • La concentration
  • La sérénité
  • La responsabilité
  • La paix
  • Le courage
  • L’authenticité
  • etc.

Pour aller plus loin :

Qu’est-ce que le syndrome général d’adaptation (SGA) ?

Hans SELYE introduit également la théorie du syndrome général d’adaptation (SGA). Le SGA est un processus en 3 étapes qui décrit les changements physiologiques de l’organisme en situation de stress. 

Au cours d’une expérience menée sur les rats, le chercheur remarque une série de changements sur leur organisme après une exposition à des événements stressants. Ces différentes étapes deviendront les différentes phases du stress dans le temps.

Les phases du stress dans le temps et les hormones

Les phases du stress dans le temps et les hormones associées

Hans SELYE nomme le SGA (Syndrome général d’adaptation) l’ensemble des mécanismes d’adaptation de l’organisme ou les perturbations biologiques face au stress. Le SGA est composé 3 étapes :

Etape 1 : La phase d’alarme 

Cette phase initiale correspond au temps de “l’agression” et aux premiers symptômes du stress. La phase d’alarme nous met devant 2 choix : la lutte ou la fuite. C’est pourquoi, les différents systèmes de l’organisme se mettent au ralenti (système immunitaire, la libido, capacité de réflexion, etc).

Par ailleurs, la phase d’alarme se manifeste par une libération du cortisol et une poussée d’adrénaline.

S’ensuit une augmentation du rythme cardiaque, de la tension artérielle, du niveau de vigilance, de la température corporelle et du niveau d’énergie.

Ces modifications physiologiques préparent l’organisme au danger et augmentent le niveau d’oxygène des organes qui vont être sollicitées.

Etape 2 : La phase d’adaptation

Si l’état d’alarme continue, c’est-à-dire si la situation de stress se prolonge, le corps commence à s’habituer mais cette adaptation n’est pas bonne pour la santé puisque nous sommes en état d’alerte en permanence et toute notre énergie est orientée vers le stress.

Ainsi, plusieurs hormones sont secrétées et augmentent le taux de sucre dans le sang pour apporter de l’énergie (du glucose) partout où c’est nécessaire : au cœur, aux muscles, au cerveau.

Cette étape se manifeste par l’irritabilité, la frustration ou le manque de concentration.

A ce stade, si nous continuons d’être exposé au stress, l’organisme finit par entrer dans la troisième phase : la phase d’épuisement.

Etape 3 : La phase d’épuisement 

Après une exposition à long terme au stress, le corps finit par épuiser ses ressources.

La régulation et l’apport de glucides n’est plus efficace et le corps devient complètement débordé : le système immunitaire ne fait plus son travail et la résistance de l’organisme finit par s’effondrer petit à petit.

Par ailleurs, Hans SELYE observe que les personnes soumis à ce type de stress finissent par succomber d’une crise cardiaque ou d’une maladie grave en raison de la faiblesse de leur système de protection.

Cette étape peut se manifester par la fatigue, le burn out, les troubles de l’humeur comme la dépression, l’anxiété ou encore le diabète.

Selon une étude menée en 2010 : l’exposition chronique à certaines hormones du stress provoque des modifications dans l’ADN et le cerveau des souris, entraînant des changements dans l’expression des gènes. Autrement dit, le stress chronique peut provoquer des changements épigénétiques durables : c’est-à-dire que certains gènes peuvent s’exprimer ou s’inhiber. Cela ne veut pas pour autant dire que la séquence ADN est modifiée par le stress.(4)

Par exemple, cette même étude indique que l’exposition à long terme à l’hormone du stress peut affecter le gène lié à la dépression ou le trouble bipolaire.(5)

Comment lutter contre le stress dans toutes ces facettes ?

Comment lutter contre le stress dans toutes ces facettes ?

Le Docteur Dominique Hoareau indique que pour traiter le stress dans toutes ses facettes, plusieurs facteurs sont à tenir en compte :

  • Le stresseur
  • La personne stressée
  • L’environnement

Les stresseurs

  • Les agents stresseurs physiques : ils sont matériels, concrets, palpables et toujours conscients. Par exemple, il mentionne la climatisation mal réglée, les microbes ou les virus.  Les stresseurs peuvent être aigu (coup de bâton sur le crâne) ou chronique (atmosphère polluée).
  • Les agent stresseurs psychiques : ils sont impalpables, difficilement quantifiables et parfois inconscients. Par exemple, le fait de vivre pendant des années aux côtés de quelqu’un qu’on n’aime pas. Ils peuvent être aussi aigus (annonce du décès d’un proche) ou chroniques (harcèlement moral d’un supérieur)

La personne stressée

  • La composante physique
  • La composante biologique
  • Les variables psychologique et émotionnel
  • Les variables cognitives : ce sont les pensées surgissant automatiquement à notre esprit. Les cognitions et émotions vont rendre le stress “positif” ou « négatif ».
  • Les caractéristiques sociales : se définit dans ses relations aux autres : sa fonction, son statut social, ses responsabilités, etc.
  • L’histoire personnelle

Article recommandé : 10 conseils pratiques pour se détendre et réduire son stress

L’environnement

  • Le contexte physique : le lieu où se passe l’événement stressant
  • Le contexte temporel : le moment où il se déroule
  • Le contexte humain : les personnes présentent à ce moment là

Quels sont les types de stress ?

Le stress peut être catégorisé en 3 types :

  • Le stress aigu
  • Le stress aigu épisodique
  • Le stress chronique

Le stress aigu

Le stress aigu est assez commun. C’est notre réaction spontanée face à une situation de défi. C’est le stress que nous vivons lorsque nous laissons tomber notre téléphone par inadvertance. 

Le stress aigu peut également provenir d’une situation qui nous procure de la joie. Par exemple, lorsqu’on atteint un objectif personnel important ou quand on pratique des sports extrêmes à sensation forte (saut en parachute, escalade, saut à l’élastique, ski, etc.)

En général, le stress aigu est de courte durée et ce pic redescend très vite à son niveau normal. Ce type de stress est parfois bénéfique pour la santé car il entraîne le cerveau et le corps à réagir à de futures situations de stress.

En revanche, lorsque le choc provoqué par le stress est trop sévère (un accident, être témoin d’une agression ou d’un attentat), le stress aigu peut se transformer en trouble de stress post-traumatique (TSPT) ou en maladie mentale.

Le stress aigu épisodique

Le stress aigu épisodique correspond à une fréquente apparition du stress aigu. Ce type de stress survient souvent dans les métiers stressants exposés à l’adversité et la souffrance humaine (métier liés à la santé, pompiers, policiers et gendarmes). Le stress aigu épisodique peut également survenir lorsqu’on a des dates butoirs serrées qui s’enchaînent au travail.

Avec ce type de stress, la précédente crise est à peine partie qu’une autre apparaît déjà, ne nous laissant aucun moment de repos et de relaxation. 

Ainsi, toute cette accumulation répétée de stress aigu peut conduire à une dégradation de notre santé mentale et physique.

Le stress chronique

Le stress chronique survient lorsque les facteurs de stress perdurent dans le temps et font partie de notre quotidien. Par exemple, lorsque nous vivons avec une personne violente verbalement ou/et physiquement. 

Les conséquences de ce type de stress sont dévastateurs pour notre santé et peut produire :

  • l’insomnie chronique
  • l’anxiété
  • la dépression
  • l’angoisse
  • le burn out
  • les accidents vasculaires cérébraux (AVC)

Le stress chronique doit être traité avec un professionnel de santé (médecin traitant, psychiatre, psychologue). 

Pour en savoir plus : Le stress chronique : définition, causes, symptômes et conseils anti-stress

Conclusion

Le stress n’est pas lié qu’à “l’agresseur”, mais aussi à la réponse que donnera la personne stressée. De ce fait, il y a deux responsables dans une situation de stress : celui qui la provoque et celui qui y fait face.

Ainsi, il existe 4 évolutions possibles à une situation de stress : fuir, s’adapter plus ou moins vite, supprimer le stresseur ou tomber malade. 

FAQ

Merci de votre partage :)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.